Le personnage de roman assassiné



Nous avons dernièrement parlé du personnage de roman, mais nous avons le regret de vous annoncer que celui-ci est décédé, assassiné par Maurice Blanchot. Dans l’introduction de l’Espace littéraire, ce dernier définit l’écriture comme l’action consistant à « retirer la parole du cours du monde », et à briser le lien qui unit l’auteur à la parole.
                De ce fait, l’écriture tue son écrivain, substituant un « Il » au « Je ». Mauriac a également développé cette idée, en citant les exemples de Proust et de Balzac, qui ont été écrasés par leurs œuvres, croupissant sous le poids important de leur écrit, et se livrant à une agonie progressive, enfermés dans leurs appartements respectifs.
                Blanchot en concluant que l’auteur, ayant perdu le pouvoir de dire « Je », est dans l’impossibilité d’exprimer le « Je » d’autrui. La création du personnage de roman devient ainsi impossible, et constitue une diversion qui fait perdre de vue la dimension suicidaire de l’écriture. 
                                                                                                       N.

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