L'ignorance


         Rabelais disait : « L'ignorance est la mère de tous les maux ». Combien cette phrase semble véritable et pertinente ! Existe-t-il un seul défaut, un seul mal, une seule erreur qui ne soient liés à l'ignorance ? L'ignorance est l'ennemi de l'Homme dans une société civilisée. Comme nous le disons dans Bonne ou mauvaise nature ?, selon Rousseau, l'Homme est naturellement bon. Et pour rester dans cet état, il doit refuser le progrès et rester dans une ignorance bénéfique et prospère pour le bonheur et la bonté. Il doit refuser les « arts et les sciences » comme il l'explique, pour éviter de sombrer dans une civilisation corrompue, décadente et destructrice. Apôtre de l'ignorance. Voltaire explique, lui, que le progrès – et donc le savoir – sont nécessaires dans un système de société qui a enchaîné l'Homme à sa propre culture. L'ignorance est à fuir dans un monde civilisé. Toutes les fautes sont dues à l'ignorance : les plus simples comme échouer à son examen ou faire une simple erreur orthographique ; mais également les plus affreuses comme un massacre. Le racisme et la xénophobie d'où peuvent résulter iniquités et violences, la misogynie et le sexisme qui sèment l'injustice et l'inégalité ; plus généralement la méchanceté, la haine... On ne saurait répertorier tous les maux que l'on doit à l'ignorance, et souvent, aux conséquences graves. Cette ignorance n'est pas qu'une absence de connaissance intellectuelle, mais celle de savoir-vivre, de respect, de tolérance, d'altruisme, d'amour.
        Dans une époque en proie aux crises et aux angoisses, ne pas perdre de vue cette fuite nécessaire de l'ignorance semble être une nécessité, une exigence, lorsque l'on voit, par exemple, la xénophobie ambiante et montante. Evitons ses conséquences désastreuses et profondément injustes. Fuir l'ignorance, c'est apprendre de l'Histoire, et intérioriser l'expérience du passé.

B.

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